mardi 2 septembre 2025

SIDA SOCIAL

Les possédants sont un Sida.

Les possédants sont possédés.

Et moi je rêve plus haut, radicalement plus haut.

Mais ma sœur, vos préoccupations me semblent plus politiques que strictement liées aux luttes LGBTQIA+.

Et vous n’avez pas tout à fait tort.

Je me souviens d’un autre temps de militance – c’était, je crois, aux Solidays – où un stand expliquait que la guerre nourrissait le sida.

Comment cela ?

Par le viol, entre autres, devenu arme de guerre, arme de destruction massive.

Car la politique, qui ressemble de plus en plus à un lubrifiant, le patriarcat, qui se dresse comme un pénis médicalement assisté, et ces possédants, agrippés à leur possessionnisme pathologique comme des moules à leur bouchot… tout cela alimente des violences de plus en plus monstrueuses.

Des violences qui, comme un sida, dévorent les chairs du corps social et au-delà, la planète entière et ses écosystèmes.

Dans leur déni du vampirisme qu’ils incarnent, ils envoient toujours d’autres au front – tous les fronts – pour préserver égoïstement leurs « précieux ».

Et à quoi bon être une tarlouze, quand l’histoire nous rappelle que nous fûmes souvent parmi les premiers jetés aux ordures ?

Oui, je peux aujourd’hui vivre relativement libre.

Mais demain ? Peut-être sans soins, sans toit, le ventre vide, sans eau potable, sans air pur, sans forêts.

Sans accès aux « privilèges » jalousement gardés par une classe de possédants qui ne partage rien.

Les possédants sont un sida, un cancer : ils dévorent, morceau après morceau, la chair des plus pauvres.

Leur voracité n’a pas de fin – jusqu’à se dévorer eux-mêmes, jusqu’à détruire le dernier endroit encore vivable dans ce coin d’univers.

Car les possédants sont eux-mêmes possédés : rongés par un mal qui nous contamine tous.

L’accaparement feutré de ceux qui, d’en haut, contemplent les fruits de leur voracité, n’est rien d’autre qu’une maladie.

Alors oui, je suis politique.

Oui, je suis militante – contre cet autre sida.

Et au fait, je ne suis pas pour le « partage des richesses », qui ne serait, au fond, qu’un partage du pouvoir de consommer.

Je pense à autre chose, de plus vivant, de plus aimant.

Je rêve plus haut.

Je rêve plus loin.

Radicalement.

Et bizarrement, encore et toujours, je nous aime et c'est pour cela que je reste militante.


Soeur Sidarta du fond des bois.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire